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Médaillé d’argent en 2000, David Martin est l’un des
favoris des championnats d’Europe qui se déroulent cette
semaine à Saint-Pétersbourg.
Votre sport accueille-t-il prioritairement des gymnastes
qui n’ont pas réussi à percer ?
David Martin. C’est mon cas. Cela dit, un mauvais
gymnaste, ou même un très bon d’ailleurs, ne deviendra
pas forcément un bon trampoliniste. On n’est pas
systématiquement gymnaste et acrobate. Or le trampoline,
c’est vraiment de l’acrobatie pure. En gymnastique, on
effectue une figure à la fois, alors que nous, nous en
enchaînons dix. Reste que les qualités physiques d’un
gymnaste vont l’aider au niveau de l’endurance à
l’entraînement, même s’il y a une technique qui est
vraiment particulière au trampoline.
À la base, les qualités requises dans ces deux
disciplines sont-elles les mêmes ?
David Martin. Oui. Les gymnastes doivent avoir beaucoup
plus de qualités physiques. Au trampoline, on en a un
peu moins besoin, bien que cela puisse servir pour
compenser une défaillance technique et un manque de
justesse au niveau des entrées et des sorties de toile.
Comment se déroule une compétition ?
David Martin. On effectue un premier passage, le libre
1, où on enchaîne cinq figures imposées et cinq figures
libres, toutes notées sur leur exécution. Ensuite, il y
a le libre 2, au cours duquel on fait ce que l’on veut.
On est alors noté sur l’exécution et sur la difficulté.
Pour les hommes comme pour les femmes, il y a l’épreuve
individuelle et le synchronisé. Dans ce dernier cas, les
deux athlètes évoluent chacun sur leur trampoline et
doivent réaliser les mêmes choses à la même hauteur.
Les juges font-ils preuve de favoritisme ?
David Martin. À partir du moment où l’on est jugé par un
être humain, il y a toujours une part de préférence,
mais cela reste correct. Il y a des personnalités qui,
grâce à leurs titres et leur prestance sur l’appareil,
sont un peu mieux notées qu’elles devraient l’être. Cela
étant, il n’y a pas de scandale.
Le trampoline véhicule avant tout une image ludique...
David Martin. C’est un sport encore jeune, pas très
connu. Notre entrée aux JO de Sydney nous a fait du
bien. C’est une discipline appréciée par ceux qui s’y
essayent ou qui la regardent. Nous ne serons jamais
aussi médiatisés que le tennis ou le foot. On fait
partie de la Fédération française de gymnastique depuis
1999. Nous l’avons intégrée justement pour pouvoir
participer aux JO. Environ 10 000 licenciés pratiquent
le trampoline.
Les Tricolores sont-ils compétitifs au niveau
international ?
David Martin. Depuis plus de dix ans, nous avons
toujours figuré parmi les trois meilleures nations au
monde. Il y a un procédé d’apprentissage typiquement
français, la part-méthode. Elle consiste à assimiler des
quarts de figure, alors que certains pays travaillent
sans la dissocier, de manière plus globale.
Entretien réalisé par Alexandre Terrini
Source:
l'Humanité
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